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Déficience Rouge-Vert

La déficience rouge-vert est la forme la plus courante de défaut de vision des couleurs. On l’appelle souvent à tort cécité rouge-vert ou cécité des couleurs. Les personnes atteintes de daltonisme rouge-vert ont du mal à distinguer les deux couleurs.

Lorsque l’on parle de daltonisme rouge-vert dans le langage courant, ont fait souvent référence en réalité à une faiblesse rouge-vert. Dans le cas d’une déficience des couleurs rouge-vert, on perçoit moins bien soit le rouge, soit le vert, ce qui entraîne des difficultés à distinguer les deux couleurs. En revanche, dans le cas d’une cécité rouge-vert, on ne perçoit pas du tout la couleur rouge ou verte. Le daltonisme rouge-vert est congénital et touche surtout les hommes 9%, contre 0,4% chez les femmes.

Causes et symptômes

Pour pouvoir voir les couleurs, les êtres humains possèdent différents types de cellules photoréceptrices sur la rétine. Ces cellules cônes (coniques) sont divisées en trois types, chacun réagissant à une longueur d’onde de lumière différente. Les cônes rouges répondent à la lumière à ondes longues, les cônes verts à la lumière à ondes moyennes et les cônes bleus à la lumière à ondes courtes.


Dans le cas d’un déficit de vision des couleurs, les trois types de cônes fonctionnent, mais l’un d’entre eux réagit à une longueur d’onde différente. En cas de daltonisme rouge-vert, soit le cône vert est affecté (anomalie du deutéronome), c’est à dire que la personne a du mal à percevoir le vert et à le distinguer du rouge. Si le cône rouge ne fonctionne pas correctement (protanomalie), la personne perçoit moins bien le rouge et a plus de difficulté à le distinguer du vert.

Si la déficience rouge-vert est plus prononcée, les tons rouges ou verts apparaissent brunâtres à grisâtres. Parfois, ils sont également perçus comme des nuances de jaune ou de bleu.

Dans le cas de la cécité rouge-vert, soit le cône rouge, soit le cône vert ne fonctionne pas. Les personnes atteintes peuvent certes voir les couleurs, mais pas l’ensemble du spectre chromatique. En l’absence d’un cône vert fonctionnel, on parle de cécité au vert (déutéranopie). En revanche, s’il manque un cône rouge fonctionnel, on parle de cécité au rouge (protanopie). Les deux formes sont regroupées sous le terme de cécité rouge-vert. Les personnes concernées ne peuvent ni voir le rouge ni le vert.

Les gènes responsables du cône rouge et du cône vert sont localisés sur le chromosome X. Si une mutation entraîne une altération ou une perte totale de fonction du cône rouge ou vert, les femmes possèdent un deuxième chromosome X pour compenser cette perte de fonction. Comme les hommes ont un chromosome Y à la place du deuxième chromosome X, ils ne peuvent pas corriger une perte de fonction. Chez les femmes, le daltonisme rouge-vert ne se produit que si le défaut concerne les deux chromosomes X.

«Une déficience rouge-vert peut être
diagnostiquée au moyen de nuanciers.»

Diagnostic

Comme le daltonisme rouge-vert est congénital, les personnes atteintes ne le remarquent généralement que lorsque des tiers leur font remarquer. Pour diagnostiquer une déficience de la vision des couleurs, on utilise les tables d’Ishihara, les tables de Stilling ou le test Farnsworth-Panel-D-15. Les tables d’Ishihara sont les plus connues. Ce sont des disques avec des cercles colorés, semblables à des couleurs, sur lesquels apparaît un chiffre différent en fonction de la vision des couleurs.

Chez les enfants à partir de trois ans, le test Color-Vision-Testing-Made-Easy (CVTME) peut être réalisé. Il n’affiche pas de chiffres, mais des symboles simples comme des cercles, des étoiles, des carrés. Le test Farnsworth-D15 est un test de tri des couleurs. Il s’agit ici de classer des petits cônes ou des jetons de différentes couleurs.

L’anomaloscope de Nagel, permet de mesurer l’importance de la déficience rouge-vert. Les sujets testés reçoivent un champ de test avec une nuance de jaune (jaune de sodium) et doivent le mélanger à partir du rouge et du vert. Ainsi, à l’aide d’un quotient d’anomalies, il est possible d’obtenir une information précise sur l’intensité du trouble de la vision des couleurs.

Vie quotidienne et professionnelle

Si l’on souffre de daltonisme rouge-vert, les deux yeux sont affectés, mais l’acuité visuelle est normale. Les personnes concernées s’en sortent généralement bien dans la vie de tous les jours. Cependant, comme les marquages dans les textes, les livres et les documents sont souvent en rouge, cela relève parfois du défi dans le quotidien scolaire ou universitaire pour les personnes atteintes de troubles de la vision des couleurs.

Il y a quelques professions que l’on ne peut pas exercer avec une déficience rouge-vert. Il s’agit notamment des professions de policier, pilote, conducteur de bus, conducteur de train, peintre, chimiste et conducteur de poids lourd. De même, le daltonisme est dangereux en tant qu’électricien si l’on confond les câbles identifiés par couleur. Pour ces professions, un examen de la vue, comprenant un test de vision des couleurs, fait partie du processus de candidature. Les conducteurs de poids lourd, de bus et de taxis atteints de déficience rouge ne sont aptes à travailler que si leur quotient d’anomalie est inférieur à 0,5.

Pour les personnes présentant une légère carence rouge-vert, des lunettes ou des lentilles de contact équipées d’un filtre de couleur peuvent être utiles. Le filtre renforce le contraste entre le rouge et le vert, ce qui permet de mieux distinguer les deux couleurs. Cependant, d’autres couleurs sont déformées par le filtre, par conséquent ces lunettes ne sont pas autorisées dans les professions où une vision parfaite des couleurs est requise.

Cécité totale des couleurs

En cas de daltonisme complet, aucune nuance n’est perçue, uniquement les nuances de gris. Cette pathologie est très rare (1 cas sur 100 000), et touche autant les hommes que les femmes. Les personnes concernées souffrent en outre d’une mauvaise acuité visuelle et d’une sensibilité accrue à la lumière. Elle peut être héréditaire ou causée par un accident vasculaire cérébral, un traumatisme crânien ou d’autres lésions cérébrales.

Cet article a été publié dans une édition d’astreaPHARMACIE et adapté pour le site web. L’édition complète d’astreaPHARMACIE est disponible en pharmacie et paraît dix fois par an.